La commune de La Pouëze, avec l'aide de la Fondation du Patrimoine, a lancé une souscription pour la restauration du vieux chevalement en bois du site ardoisier de l'Espérance. En effet ...
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| - dépliant pour la restauration du chevalement en bois des ardoisières | 521 ko ![]() |
Qui ne s'est pas interrogé sur cette curieuse silhouette qui domine le paysage ardoisier de La Pouëze ? C'est le chevalement, ou "carrée" en langage ardoisier (charpente établie au dessus dun puits de mine), qui se dresse comme le second clocher du village.
Pendant près de deux siècles, la vie à La Pouëze s’est déroulée au rythme du travail des « perreyeux » qui, à l’appel de la sirène, se rendaient à la carrière pour fabriquer des ardoises. Cette production, aujourd’hui disparue, était alors la ressource économique majeure de cette bourgade située au Nord-Ouest d’Angers, sur la ligne schisteuse qui s’étend de l’Anjou à la Bretagne.

Edifié par les charpentiers des Ardoisières en 1923, le chevalement est construit en bois au-dessus du puits n°3 de « l’Espérance » alors profond de 240 m. Haut de 14 mètres, supportant les molettes d’extraction, il remonte des blocs d’ardoise d’environ 4 tonnes jusqu’en 1974. En 40 ans, ce sont 1 million et demi de tonnes de pierres qui seront ainsi extraites. En 1974, le puits, qui a été recreusé jusqu’à 355 m, est arrêté car la « carrée » et sa machine à vapeur ne sont plus assez puissantes. Il devient alors puits de secours et d’aération pour le puits voisin, le n° 3 bis profond de 455 m et éq uipé d’un chevalement métallique. Structure en bois unique en France, voire en Europe, ce chevalement qui se distingue par la spécificité de son architecture et de sa morphologie, est original tant du point de vue historique, technologique que scientifique. Depuis 1999, il est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

Aujourd’hui abandonné, le chevalement menace ruine. La commune a décidé de sauvegarder cet ouvrage, symbole de son passé ardoisier, mémoire du travail pénible des ardoisiers et de leurs luttes ouvrières. C’est la fierté de tout un village, comme l’« ardoise fine » de belle qualité, chantée par le poète Joachim Du Bellay, qui recouvre nos plus beaux monuments notamment les Châteaux de la Loire. Propriétaire du site ardoisier depuis 2009, la commune ambitionne aussi d’en aménager les « buttes », pour en faire un lieu touristique et pédagogique si particulier, par son histoire, sa faune et sa flore. La Pouëze pourrait ainsi devenir une étape incontournable des « Chemins de l’Ardoise en Anjou » qui relieront demain le musée de Trélazé à celui de Renazé en passant par Noyant-La-Gravoyère et sa Mine Bleue.

La Fondation du Patrimoine s’associe à la restauration du chevalement en bois de la Pouëze en mobilisant le mécénat de particuliers et d’entreprises par la présente souscription.