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Lettre du maire de Janvier 2012

Madame, Monsieur

Chers Pouëzéens

 

 

Si notre commune a été récemment éprouvée par la disparition de notre ami et ancien maire Georges Michel Perrin, décédé au terme d'une longue maladie, par celle de notre doyen Robert Bidaud, décédé dans sa 99ème année, par la fermeture de sa pharmacie ou encore par les vols avec effraction commis dans nombre de ses commerces et bâtiments, nous souhaiterions d'abord vous faire partager en ce début de nouvelle année notre foi dans l'avenir de notre commune, avant de revenir sur certains de ces évènements

 

Force est en effet de constater qu'il se passe des choses à La Pouëze, que notre commune s'engage, et que les résultats engrangés ces dernières années incitent à aller de l'avant.


 

 

La Pouëze bouge et nous nous en réjouissons. Elle attire de nouveaux habitants, fourmille de travaux, a été capable encore cette année de se retrouver autour de grands projets comme Itinérart, le déménagement de la Bibliothèque ou de la Maison de la Paroisse.

 

 

Il est difficile de dire combien notre commune compte exactement d’habitants. Si nous savons qu’environ quatre-vingt nouvelles maisons ont été construites ces cinq dernières années, nous ne savons pas combien dans le même temps ont changé de propriétaire. Mais qu’importe, le prochain recensement prévu du 19 janvier au 18 février nous l’apprendra. Nous sommes sans doute aujourd’hui entre 1 850 et 1 900 Pouëzéens, anciens et nouveaux, de toutes conditions, jeunes et moins jeunes à partager les mêmes destinées communales.

 

Capables de se retrouver autour Itinérart avec Ema Kawanago. Rappelez-vous cette multitude d’oiseaux bleus comme l’ardoise décorés par les enfants, posés sur l’herbe de la Villenière, virevoltant dans le ciel de la Maison pour Tous ou s’envolant avec les ballons de baudruche dans celui de Sainte Emérance. Combien de moments bleus, de rencontres inoubliables entre Ema, artiste plasticienne, et les enfants des écoles et des associations, les Pouëzéens artistes aussi quelquefois.

 

Capables encore de se retrouver dans le projet de déménagement de la bibliothèque. Associative, notre bibliothèque était devenue trop exiguë, et sans forcément beaucoup de perspectives d’extension, jusqu’à ce que se libère le logement social dit « d’Arquenay ». Plus grand, plus accessible, devant être réhabilité, nous le proposâmes aux bénévoles de la bibliothèque qui l’acceptèrent. La nouvelle bibliothèque, qui devrait porter le nom de « Stani Nitkowsky » et ouvrir ses portes d'ici quelques mois, satisfera aux normes « bibliothèque relais » de la bibliothèque départementale de prêt, pourra rejoindre le nouveau réseau des bibliothèques de la Communauté de Communes Ouest Anjou, et ainsi voir s’accroître son rayonnement.

 

Capables aussi de se retrouver dans le projet de déménagement de la Maison de la Paroisse. Sise au 45 de la rue Principale depuis une vingtaine d’années, nous proposâmes à ses occupants de la quitter pour rejoindre une des salles annexes de l’église. Ce qu’ils acceptèrent, après en avoir longuement délibéré autour de l’abbé Donneau, dans l’intérêt commun. Ce projet devrait aussi voir bientôt le jour.

 

Nous avons alors saisi l’opportunité qui nous était donnée, de la vacance des logements d’Arquenay et du 45 rue Principale, des déménagements de la Bibliothèque et de la Maison de la Paroisse, pour proposer le bâtiment devenu vide du 45 rue Principale au boulanger afin que, demain, il puisse y installer son commerce et participer ainsi à la revitalisation du cœur de bourg.

 

Comme nous l’avions fait lors de la mise en place de la mutualisation des salles municipales, en remerciant les bénévoles du Club de l’Amitié, de Familles Rurales et de l’Entente Sportive, nous voudrions saluer cette année ceux de la Bibliothèque et de la Maison de Paroisse sans l’adhésion desquels ces projets de dimension communale et intercommunale n’auraient jamais pu aboutir.


 

 

Notre commune s’engage et nous en sommes fiers. Auprès des enfants et des adolescents avec Familles Rurales, pour le développement durable avec l’Entente pour le Développement de l'Erdre Navigable et Naturelle (EDENN), en faveur des usagers les plus vulnérables de nos trottoirs et de nos rues avec la Prévention Routière, ou encore au côté des citoyens pour davantage de transparence sur l’innovation variétale et les organismes génétiquement modifiés (OGM).

 

 


Avec Familles Rurales, des enfants différents peuvent maintenant être accueillis dans les locaux accessibles de l’accueil périscolaire et de loisirs et bénéficier, avec d’autres, d’un accompagnement particulier pendant la pause méridienne les jours d’école, des adolescents pourront bientôt profiter d’un encadrement dédié dans les locaux du Foyer des Jeunes les jours de vacances scolaires.

 

En signant avec l’EDENN la charte « zéro phyto », la commune s’est engagée à ne plus utiliser de pesticides pour l’entretien de sa voirie ou de ses espaces verts, à désherber mécaniquement ses trottoirs, ses rues et son cimetière, à bientôt ne plus désherber chimiquement ses terrains de sport, à vous encourager à faire de même en vous demandant par exemple d’arracher l’herbe au droit de vos clôtures comme le préconise le nouveau règlement de voirie.

 

Avec vous tous et les animateurs du pédibus en particulier, avec le Conseil Général et la Prévention Routière, des circuits de circulation sécurisés pour les enfants ont été imaginés et matérialisés, les trottoirs rendus aux piétons et aux personnes à mobilité réduite, le projet de traversée d’agglomération redéfini, des casques distribués à des jeunes cyclistes, des actions éducatives menées en direction des enfants des écoles et des membres de plusieurs associations.

 

Avec le comité citoyen et Terres des Sciences, au travers de conférences débats sur les OGM, nous avons souhaité vous apporter un autre regard sur des aspects aussi fondamentaux que leur genèse, leurs intérêts et leur perception, leurs risques pour l’environnement ou pour la santé de l’homme, leur définition et leur réglementation. Mais au fil de ces rencontres, et nous le regrettons, nous avons assisté au détournement à des fins militantes de l’objectif premier de ces conférences qui étaient d’abord de vous éclairer sur les OGM. Il nous a alors semblé sage de suspendre ces débats pour ne pas entretenir la confusion entre organismes génétiquement modifiés et organismes mutés et favoriser ainsi des positionnements extrêmes. Il nous semble enfin important de rappeler, qu’en France et jusqu’ à ce jour, il n’est ni expérimenté ni cultivé de semences d’OGM.

 

Parmi ces engagements deux d’entre eux nous ont valu subventions et honneurs. C’est ainsi que vous pourrez bientôt voir dans nos rues du matériel de désherbage mécanique subventionné à hauteur de 80% par l’Agence de l’Eau et le Conseil Général. C’est ainsi encore que la commune de La Pouëze a été nominée cette année au concours des Echarpes d’Or, dans la catégorie des communes de 1 000 à 5 000 habitants, et appelée à l’Elysée pour recevoir sa nomination des mains du Président de la République. Nous pouvons saluer l’engagement de nos adjoints Luc Gélineau et Eric Rio qui ont respectivement porté ces dossiers avec le conseil.


 

 

Ces avancées significatives ne peuvent que nous conforter dans nos choix de gouvernance et nous inciter à les tenir malgré les difficultés rencontrées.

 

 


Difficultés comme nos contraintes professionnelles et leurs aléas que nous ne maîtrisons pas. Cette année plusieurs d’entre nous ont dû faire face à de nouvelles obligations qui ont bien évidemment retenti sur le fonctionnement du conseil, mais sans pour autant remettre en cause sa légalité. Il n’est pas inutile de rappeler à ce sujet que notre conseil sera représentatif tant qu’il sera composé d’au moins 11 membres (pour 15 élus) et que ses délibérations seront valides tant qu’elles seront prises par au moins 7 d’entre eux (pour 12 encore présents) réunis en assemblée délibérante.

 

Difficultés encore comme nos obligations financières. Deux grands projets, l’aménagement de la traversée du cœur de bourg et la restauration du chevalement en bois des ardoisières ont dû être budgétées sur deux années. Autofinancés en partie ils seront réalisés sans emprunt  avec l’aide des subventions de nos partenaires. L’aménagement de la traversée du cœur de bourg devrait voir le jour cette année ou l’année prochaine et la restauration du chevalement cette année nous l’espérons. Cette dernière, d’un coût de 205 000€, est actuellement subventionnée à hauteur.de 115 000 €, non comptabilisée l’aide toujours attendue du Conseil Général.

 

Difficultés aussi occasionnées par les nouvelles contraintes réglementaires qui viennent s’ajouter à celles de la crise et retarder des projets comme celui de la 2ème tranche du lotissement du Petit Brionneau ou celui de la nouvelle station d’épuration.


 

 

Et comme si à chaque jour ne suffisait pas sa peine voilà que nous apprenions le 17 décembre que notre pharmacie allait baisser définitivement son rideau le 30 du même mois.

 

 


C'était notre pharmacie. Acquise de haute lutte il y a bientôt 35 ans, elle a dû fermer ses portes faute de repreneurs.

 

Nous comprenons l’émoi, voire la colère des pouëzéens, en particulier des personnes à mobilité réduite, qui n’ont plus d’autre choix que d’aller s’approvisionner ailleurs. Mais si notre devoir d’élu est de répondre aux interrogations soulevées par la fermeture de la pharmacie et de rechercher des solutions de remplacement, en aucun cas nous ne pouvons en accuser le pharmacien qui a fait valoir ses droits à la retraite.

 

Ce serait donc faute de repreneur, pour chiffre d’affaire insuffisant, que notre pharmacie aurait fermé, ce serait donc que nous n’aurions pas été suffisamment nombreux à la faire valoir.

Que disent les chiffres ? Il faudrait que nous soyons 2 500 habitants, de notre commune et des communes avoisinantes, à venir acheter nos médicaments à La Pouëze pour que notre pharmacie puisse atteidre 1 500 000 € de chiffre d’affaires et devienne ainsi pérenne.

 

Qu’à cela ne tienne. Démontrons que nous sommes capables de rassembler les 2 500 signatures nécessaires en allant frapper à la porte des habitants de La Pouëze et de communes voisines, comme Brain sur Longuenée, Saint-Clément de la Place ou d’autres.

 

En même temps nous devons faire annuler l’arrêté de fermeture de la pharmacie publié au Recueil des actes administratifs le 02/01/2012 et à cette fin déposer dans les 2 mois un recours gracieux auprès de la Direction de l’Agence Régionale de Santé des Pays de Loire.

 

Pour ce faire nous devons obligatoirement satisfaire à trois conditions :

 

1.      prouver que l’installation d’une pharmacie à La Pouëze correspond bien à un besoin de santé publique

2.      trouver un local pour y installer une officine

3.      et enfin trouver un pharmacien repreneur

 

Si nous comptons sur vous pour réunir les 2 500 signatures avant le 03/03/2012, sur le propriétaire de l’ancienne pharmacie pour qu’il mette à disposition son local à défaut d’un autre rapidement disponible, sur nos élus nationaux pour qu’ils nous appuient dans nos démarches, vous devez aussi comprendre qu’il nous sera difficile d’aboutir en l’absence d’un pharmacien repreneur.

 

Nous en étions encore là ces jours derniers, lorsque un un pharmacien, informé par les médias télévisés, s’est intéresse à la reprise de notre pharmacie. Depuis, de multiples contacts ont été pris entre les différentes parties et une rencontre a été programmée ces jours prochains entre la mairie, le pharmacien repreneur potentiel et un représentant de l’Agence Régionale de Santé des Pays de Loire.

 

Dans l’attente d’une issue que nous espérons favorable à ces pourparlers, nous savons que nous pouvons compter sur la solidarité des Pouëzéens et de leurs associations familiales pour mettre en œuvre des solutions alternatives comme par exemple le portage de médicaments.

 

Enfin est-il utile de rappeler que l’on ne réécrit pas l’histoire ? La Pouëze d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Et nous ne pensons pas non plus qu’elle se meurt, bien au contraire, elle avance avec son temps. Et elle est, et sera, ce qu’en font, et feront, les Pouëzéens d’aujourd’hui et de demain. Si nous n’avons pas réussi hier à empêcher la fermeture du bureau de poste, peut-être demain pourrons nous empêcher celle de la pharmacie et peut-être d’autres commerces mais à condition que nous, Pouëzéens, nous engagions à donner à nos commerçants les moyens de vivre de leur travail.

 

Au-delà de ces difficultés que nous allons dépasser, félicitons nous du travail accompli et continuons ensemble d’avancer comme  nous l’avons encore si bien montrer cette année.

 

Et avec Ema, notre artiste japonaise d’un été, nous vous offrons mille oiseaux bleus pour que cette nouvelle année exauce tous vos vœux.

 

 

Cordialement vôtre.

Jean-Claude Lecuit

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